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(09-2-2010) Une saison pour les records!

Dans le cadre de cet article, nous débordons légèrement les frontières québécoises pour parler d’une femme ontarienne de la région d’Ottawa qui n’a pas froid aux yeux! Sandra Rolfe détient plusieurs records canadiens d’altitude, de distance et de durée de vol dans différentes catégories de volumes de ballon. Voici le récit de ses dernières tentatives.

L’hiver est une saison qu’on adore ou déteste. L’an passé, nous avons décidé de l’étreindre à son maximum. Après plusieurs années passées sans effectuer de vols hivernaux, nous avons pris la décision de rallumer notre passion pour les vols de records. En 2001, Sandra avait établi deux nouveaux records canadiens dans la catégorie AX-5 pour la distance et la durée de vol. Sandra était alors la première femme à établir des records de vols au Canada. Non seulement ses vols ont ouvert les catégories féminines pour les records canadiens, mais elle a également établi de nouvelles marques dans la catégorie générale.

La planification a débuté avec Bill Whelan en tant que directeur technique du projet et Sandra Rolfe comme pilote. Mary Lalonde, observatrice en chef au Canada fut recrutée comme observatrice officielle du projet. Ensuite, un groupe d’observateurs de réserve a été recruté. Bien sûr, le plus important, plusieurs équipiers furent recrutés, car sans équipiers de poursuite, aucun vol n’est envisageable. Sandra a alors présenté son idée au Club de montgolfières de la capitale nationale (NCBA) lors de l’assemblée annuelle afin de dresser une liste d’équipiers disponibles pour faire la poursuite durant l’hiver.

Nous avons alors fait l’inventaire des équipements que nous avions en notre possession. Également, nous avons jeté un coup d’œil au livre des records pour voir lesquels pourraient potentiellement être améliorés. Il a alors été établi que les tentatives seraient pour les catégories AX-4, AX-5 et AX-6.

Nous n’avions pas de montgolfière de classe AX-4. Nous devions donc la construire. Le ballon devait avoir un volume inférieur à 32 000 pieds cubes. Après réflexion, nous avons décidé d’y aller avec un volume de 31 700 pieds cubes. Afin d’obtenir des plans pour un ballon de ce volume, Bill a effectué un voyage au Brésil pour visiter Marcos, de RVB Balloons, et il a ramené un patron numérisé. L’équipe a alors pris avantage du congé des fêtes pour confectionner sa montgolfière. Lors de la dernière journée scolaire avant le congé des fêtes, aidés de deux enfants de l’équipe de poursuite (Emily et Makayla Jaring), nous avons alors découpé la moitié du tissu dans le gymnase de leur école. Puis, nous sommes retournés à l’atelier pour compléter l’autre moitié. L’ensemble des panneaux de tissus ont été découpés en une seule fin de semaine par Sandra, Bill, Lynn et Dan O’Flaherty ainsi qu’Emily et Makayla. La couture a donc aussitôt débuté et dès le début de la nouvelle année, le ballon était complété! Ensuite, l’étape paperasse avec Transports Canada pour enregistrer le ballon fut mise en branle. Comme le temps de réponse de Transports Canada s’étirait, l’équipe décida d’y aller avec la planification établie et commença à surveiller la météo afin de faire les tentatives de record dans les autres catégories.

Plusieurs pièces d’équipements nécessaires ont été généreusement prêtées par de nombreuses personnes enthousiastes de notre aventure. Stan Wereshuck a fourni le baromètre qui enregistrerait les vols et qui attesterait les records à l’Association canadienne de montgolfière (CBA). Stan a également prêté son GPS à l’expérience. Bernard Gervais, du Festival de montgolfières de Gatineau, a fourni le transpondeur. Sandra a aussi acheté un traceur GPS personnel « SPOT ». La beauté de ce petit appareil est qu’il fournit un suivi de sa position, qui peut être envoyé sous forme de courriel ou message texte. Également, le suivi est affiché sur une page Internet, ce qui permet à l'équipe de poursuite de toujours voir la position de Sandra, même si elle ne l’a pas en visuel.

Dans la catégorie AX-5, Sandra détenait déjà le record de distance et de durée de vol, sauf qu'elle se disait en mesure de faire mieux. Elle envisageait aussi le record d'altitude. Dans la catégorie AX-6, elle sentait que le record de durée de vol pouvait être battu.

Les conditions météorologiques favorables se présentent finalement à l'horizon et le 16 février 2009, l'équipe se regroupe pour une tentative de record. À l'origine, le vol était prévu pour le record d'altitude en catégorie AX-5, sauf qu'au moment où l'équipe se rejoint, le ciel est couvert à basse altitude et les plans sont modifiés pour plutôt essayer le record de distance. Un site de décollage, près de la rivière des Outaouais, est choisi afin de procurer le maximum de distance avant le fleuve Saint-Laurent. Au décollage, les vents en basse altitude dans la vallée étaient légers et variables, et les vents en altitude semblaient diminuer. Sandra fut donc contrainte à changer ses plans de nouveau pour le record de durée de vol.

La différence entre un vol de distance et un vol de durée est principalement que vous voulez avoir le maximum de carburant à bord pour un vol de durée, tandis que pour un vol de distance, vous voulez être léger et rapide. En embarquant des réservoirs supplémentaires à bord de la nacelle, Sandra et Bill étaient confiants que le record de durée de vol était à portée de main. La stratégie consistait à profiter au maximum des vents léger de la vallée aussi longtemps que possible avant d'en sortir et de voler vers le sud. Durant ce temps, les équipiers en ont profité pour aller au village d'Alfred afin de casser la croûte, laissant Sandra flotter allégrement au-dessus de la vallée. Quand elle sortit finalement de la vallée, elle était en route vers le sud, direction Saint-Isidore. Les vents en basse altitude ont changé pour une direction plutôt nord-est. Alors, Sandra décida de voler plus bas afin de garder un cap plus favorable. Maintenant basse en carburant mais voulant toujours voler le plus longtemps possible, Sandra et son équipe discutèrent de la continuité du vol lorsqu’elle croisa des rangs de concessions. Y a-t-il assez de carburant pour continuer? Quels sont les obstacles sur la route de vol? Est-ce que la flottabilité du ballon est toujours sécuritaire? Après 5 heures et 19 minutes de vol, Sandra atterrit finalement tout juste à côté de l'entrée de la Ferme Jaring! Le vol fut un succès et bat son record précédent qui était de 3 heures et 12 minutes.

Le jour suivant, pendant qu'elle se prépare pour aller travailler, le ciel est complètement dégagé et les vents sont toujours calmes – une journée parfaite pour tenter le record d'altitude en classe AX-5! Au lieu d'aller travailler, Sandra appelle son supérieur et prend une journée de congé et l'équipe se rejoint rapidement pour une nouvelle tentative. Emily et Makayla se voient offrir une journée de congé d'école pour l'occasion. Mary Lalonde réarrange rapidement son horaire de travail pour venir observer le vol. Bill, quant à lui, prépare l'équipement pour un autre vol pendant que Sandra communique avec les contrôleurs aériens pour obtenir les différentes autorisations. Cette fois-ci, le décollage a lieu juste à l’extérieur de Fournier, en Ontario, un village tout juste à côté de chez Bill. Sans équipement d'oxygène, le vol sera contraint à moins de 13 000 pieds et limité à moins de 30 minutes, à plus de 10 000 pieds. Le présent record d'altitude en AX-5 était inférieur à 10 000 pieds. Donc, si Sandra parvenait à plus de 10 000 pieds, elle savait qu’elle pouvait établir une nouvelle marque. Après un décollage à 11:50, Sandra communique régulièrement avec son équipe (très anxieuse!) pour la tenir au courant de l'évolution de son altitude. Moins d'une heure plus tard, elle atterrit après avoir atteint une altitude maximale de 12 393 pieds.

La surveillance de la météo continue et, au début du mois de mars, une autre zone de conditions favorables s'approche de la vallée d'Ottawa. La météo de la fin du mois de février fut douce et pluvieuse ou sinon très venteuse. Bref, rien de bon pour une tentative de record! Mais maintenant, il faisait très froid la nuit et les vents étaient calmes le jour –
la météo de ballon était de retour! L'équipe était en alerte et le dimanche 1er mars, une autre tentative débute. Cette fois-ci, c'est la durée de vol en classe AX-6 qui est l'objectif. Le décollage était prévu avant 7:00. Donc, les équipiers devaient se rassembler encore plus tôt. Il faisait encore noir lorsqu'ils arrivèrent au point de rendez-vous.

Sandra décolle à 6:59, les vents sont calmes à 4 nœuds du nord-est. La température au sol est autour de -25 °C. La direction de vol en cette journée amène la montgolfière en direction d'Ottawa et s'étend vers le sud-ouest. Les prévisions de vent augurent un changement en fin d'avant-midi pour devenir de l'ouest, ce qui ramènerait le ballon vers son lieu de décollage dans une région remplie de fermes pour atterrir. Malheureusement, le changement ne se fera jamais et Sandra volera en direction de Kemptville en continuant vers le sud-ouest. Cela posait problème. De l'autre côté de Kemptville se trouvent des marécages, ce qui n'est pas une bonne idée pour atterrir et encore moins pour récupérer la montgolfière.

Sandra a atteint la marque des 6 heures de vol, volant à 3000 pieds et plus. Elle sait qu'elle commence à être à court d'options pour l'atterrissage. Le carburant se fait bas. Pas critique mais assez bas pour compliquer les manœuvres d'atterrissage. La direction est toujours directement vers la zone marécageuse. Après avoir considéré toutes les options, elle choisit d'atterrir. En bout de ligne, son champ se trouvera être le dernier « atterrissable » et aussi le dernier accessible pour son équipe avant les marécages. L'équipe en fut très reconnaissante! Avec un vol de 6 heures 35 minutes, un nouveau record AX-6 est établi.

Une autre tentative de record, la distance en classe AX-4 fut tentée à la fin de mars. Cependant, cet essai ne fut pas fructueux, étant donné que le centre de haute pression se déplaça plus tôt que prévu dans la zone de vol et amena le ballon près de la ville d'Ottawa. Après 2 heures et demie de vol et moins de 25 km de distance, le vol fut avorté avec un atterrissage de précaution à la piste de course de Sittsville.

La saison hivernale 2010 approche à grands pas et l'équipe se prépare déjà pour d'autres tentatives. Elle continue ses travaux avec Transports Canada pour finaliser l’homologation du ballon AX-4. L'équipement est rassemblé et la planification de nouveaux records dans les catégories AX-4, AX-5 et AX-6 va bon train.

Sincères remerciements à toute l'équipe qui a bravé le froid pour aider Sandra à réaliser ses nouveaux records!

Écrit par Bill Whelan et Sandra Rolfe
Traduction par Sébastien Poupart

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