(16-11-2009) Festival de Dansville, NY
Par Daniel Turcotte, pilote
Nous sommes le vendredi 4 septembre et une longue fin de semaine s’annonce, car c’est aussi lundi la fête du Travail. Nous partons donc pour un nouveau festival de montgolfières aux États-Unis, celui de Dansville dans l’État de New York.
Une route d’environ huit heures avec quelques arrêts pour se restaurer et mettre de l’essence. Il faut être à l’heure du « Master Briefing » pour pouvoir voler. Il ne faut donc pas arriver en retard et notre meilleur guide, le GPS, nous rassure sur notre arrivée. Quarante pilotes sont inscrits à ce 28e anniversaire et les météorologues nous annoncent six vols en six. Tous les pilotes inscrits sont hébergés par différentes familles de la région, mais nous sommes quelques pilotes commerciaux à loger à l’hôtel.
Le site de décollage se trouve à l’aéroport de Dansville situé dans le creux d’une magnifique vallée. Nous préparons donc une envolée pour la première soirée. Le « balloonmeister » de l’événement nous lit les règlements de la FAA, nous informe de la météo et nous avons l’autorisation de décoller. Il faut que je vous dise que dans cette vallée, il vente toujours le soir comme le matin. Des vents assez soutenus. Il faut donc sortir l’expérience et l’équipement requis pour les envolées de 10 nœuds et plus. Ce qui est fabuleux, c’est que dès que nous rejoignons le dessus des plateaux, aux environs de 900 pieds, les vents s’estompent pour devenir légers.
Certains pilotes locaux que je rencontre dans d’autres événements prennent bien soin de m’indiquer les endroits où je peux atterrir sans problème. L’endroit de prédilection est sur le dessus des plateaux. Les fermes sont toutes à cet endroit et il ne faut surtout pas descendre pour atterrir dans la vallée. Samedi matin, les vents nous poussent le long de la vallée et nous devons tous atterrir sur la route, car la vallée est parsemée de champs de maïs. Les routes au travers des champs sont nos seules pistes d’atterrissage. Quand les routes se présentent sur leur longueur il n’y a pas de problème pour poser nos immenses ballons de toiles, mais quand elles se présentent toutes sur leur travers, ça ne donne pas beaucoup d’espace pour se poser. N’oubliez pas que le vent est toujours présent dans la vallée. Il nous faudra donc faucher quelques épis de maïs.
Le dimanche suivant, la brume matinale nous empêchera de nous envoler, car elle ne se dissipera qu’à 10 h du matin. Nous sommes donc invités au fameux brunch de l’Association des pilotes d’avions de l’aéroport de Dansville. C’est une très belle région à survoler. Le dernier vol, celui de lundi matin, a été pour moi le vol de la semaine. Seulement quelques pilotes s’envoleront, car le vent est déjà rapide pour une envolée matinale. Il me faut donc utiliser plusieurs personnes pour tenir notre montgolfière et nous voilà décollés pour rejoindre les premiers pilotes locaux qui sont trop loin pour que l’on puisse les reconnaître. Lorsque je rejoins le sommet des plateaux, le GPS nous indique 30 nœuds à la cime des arbres. Il ne faut donc pas paniquer, car il y a d’autres vallées plus au sud. Il faudra donc que je prévoie les vents rabattants, car c’est un des dangers lorsque les vents sont particulièrement rapides. J’ai dû utiliser les doubles brûleurs lorsque j’ai aperçu un premier terrain d’atterrissage, car je me suis senti descendre et attiré vers le bas. Les fils électriques sont les plus grands dangers pour nous les aéronautes. J’ai dû remonter filant à plus de 30 nœuds et refaire une approche dans une vallée où, cette fois-ci, il y avait un plus grand espace pour nous accueillir sans problème. Je trouve finalement le « spot » idéal, c’est-à-dire un endroit où il y a déjà trois ballons posés et prêts à nous tendre les bras. Nous nous entraidons tous lorsque nous pouvons atterrir dans le même champ. À ma grande surprise, le « balloonmeister » de l’événement est là en bas à m’offrir son aide et je l’accepte avec plaisir.
Finalement, je dois reconnaître que les gens de Dansville sont d’un charme rare lorsque nous venons à leur festival, surtout avec Piko, une forme spéciale que le Festival international de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu a su mettre au monde et aussi avec le ballon flottille aux couleurs de sa ville.
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