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Le Vol de l’espoir de la Fondation Maurice Tanguay

Par Robert Bergeron

Nous étions accrédités « Média » pour le spectacle aérien international Vidéotron de Québec. Habitués des spectacles aériens et de toute la quincaillerie d’avions militaires et civils, notre première entrevue a été celle du airboss Réal Turgeon (voir ailleurs dans cette livraison de votre magazine préféré). Ensuite, les Thunderbirds, puis une pratique des « performeurs » vue de la galerie extérieure de la tour de contrôle. Quand notre éditeur, Pierre Harvey, nous a téléphoné pour nous assigner au Vol de l’espoir de la Fondation Maurice Tanguay du samedi matin, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. La surprise fut nôtre.

Nous y sommes allés avec notre vénérable avion (un 53) stationné chez Trans-Sol, juste à côté du Service aérien, l’hôte de l’activité. Nous avons vu une centaine de personnes attroupées à côté d’un Dash 8. À 8 h 30 le matin, c’est plutôt surprenant de voir une telle scène à cet endroit.

Les enfants, leurs parents et les accompagnateurs étaient de toute évidence excités à l’idée de voler. La mascotte des Nordiques aussi! Pour trouver mes repères dans cette activité, j’ai interviewé Jean-Marc Pageau qui m’a alors expliqué la grande importance de cette activité pour Maurice Tanguay et sa famille. J’ai compris pourquoi plus tard. J’étais juste à temps pour voir l’homme fort John Hirsh tirer le Dash-8 pour le plus grand plaisir des enfants.

Nous en avons profité pour parler à l’équipage qui n’en était pas à ses premières armes avec ces envolées. Le chef pilote du Service aérien gouvernemental, M. Luc Roy, nous a informés qu’il est toujours volontaire pour cette activité avec son copilote, Jean Brousseau. L’agente de bord, toute souriante, a donné les consignes aux enfants lors de l’embarquement. Les places étaient assignées. J’ai remarqué quelques journalistes et photographes que je connaissais. Puis, mon regard s’est arrêté sur une dame assez jeune, mais dont le visage m’était familier. Madame Dominique Vien, ministre des Services gouvernementaux du Service aérien, nous accompagnait sur cette envolée! Puis, il y avait une autre jeune femme. Paramédic de profession, elle s’occupait des cas particuliers. Roulage au sol, décollage et puis l’envol!

Pendant l’envolée, j’ai remarqué un petit garçon qui peinait à voir par le hublot, car il était assis dans l’allée. Je lui ai alors offert ma place tout naturellement. J’ai déjà survolé à plusieurs reprises la région de Québec en place avant dans plusieurs types d’avions. La paramédic me souffle à l’oreille : « Monsieur, le p’tit gars ne peut pas marcher… » Je l’ai soulevé sur-le-champ tel un géant prenant une marionnette de chiffon et je l’ai assis sur quelques pièces de vêtements en guise de coussin pour lui offrir une meilleure vue. « Merci monsieur! » J’ai pleuré pendant le reste de l’envolée. En cachette, bien sûr, car je ne voulais pas gâcher le moment. J’en pleure encore en écrivant ces lignes…

J’ai oublié de vous dire que pendant l’embarquement, le citoyen le plus connu du Québec, Jean Charest lui-même, est venu saluer tous les enfants individuellement dans leur siège et qu’il a pris le temps de parler à tout le monde avec beaucoup de sollicitude et de patience. De quoi me réconcilier avec les politiciens! Le premier ministre retournait à la maison après une longue nuit au Parlement de Québec. Le chef pilote a même fait attendre le Challenger pour permettre à un petit signaleur d’un jour de faire son travail.

Une envolée très différente de celles que je fais normalement pour mes reportages. Enrichissante expérience qui m’a permis de constater en personne la générosité et la grandeur d’âme de bien des gens en aviation et d’ailleurs.




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