Passage de la flamme olympique
Collège militaire royal de Saint-Jean-sur-Richelieu
Par Daniel Turcotte, pilote
C’est avec grande fierté que la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu et l’International de montgolfières ont réalisé, avec succès, le projet de présenter des montgolfières lors du passage du flambeau olympique au Collège militaire royal de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Lorsqu’on m’a demandé si j’étais intéressé de monter une montgolfière afin de recevoir le coureur et la flamme olympique dans ma nacelle, j’ai dit oui immédiatement car je savais que cette occasion ne se présenterait pas deux fois.
La veille, j’ai visité tous les sites de météorologie, avec radar à l’appui, et je me suis dit « c’est cool », il va faire un temps superbe demain le 8 décembre 2009. La nuit a été plutôt courte, car l’hiver à moins 8 degrés Celsius, il faut brancher nos réservoirs de propane quelques heures avant de voler pour avoir la pression nécessaire.
Alors, à 4 h du matin, mon réveille-matin n’a pas le temps de sonner, je suis déjà debout pour aller brancher les réservoirs. Je retourne me coucher pour 2 h, mais j’ai du mal à me rendormir. Il tombe quelques flocons et le vent est d’environ 3 nœuds. Un temps idéal pour nous ce matin.
À 7 h, je suis déjà à l’aéroport pour rencontrer toute l’équipe, aussi fébrile que moi. Le passage de la flamme est prévu pour 9 h 33. Je regarde les drapeaux à l’aéroport et le vent qui vient d’augmenter en intensité m’inquiète un peu. Nous nous rendons donc sur les lieux du Collège militaire et nous installons notre matériel au sol pour gonfler trois ballons. Il y a une série de drapeaux sous nos yeux qui nous indiquent que le vent s’est levé. J’appelle la tour de contrôle de Saint-Jean et le contrôleur lit sur son anémomètre 10 nœuds, rafales à 15. C’est trop fort pour nous et je dois prendre une décision. Dois-je annuler les gonflements? Je décide donc qu’il y aura seulement deux ballons sur trois qui vont tenter de monter. Je me dis que si je peux réussir à monter le plus gros ballon avec le logo de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu au moment de l’arrivée du coureur, le spectacle sera grandiose.
À 9 h 15, mon collègue Sylvain Lebeau avec un ballon de 90 000 pieds cubes et moi avec un ballon de 105 000 pieds cubes partons les ventilateurs. On verra par la suite si le vent sera avec ou contre nous.
À 9 h 20, le 105 est debout et je demande plusieurs personnes pour mettre du poids sur la nacelle et d’autres pour tenir quatre câbles d’attaches et un cinquième pour une sécurité de plus. Le ballon est bien rempli d’air et je le chauffe à bloc pour le stabiliser. C’est bon, il est bien stable et il faut le tenir ainsi pour 18 longues minutes avant l’arrivée du flambeau. Il y a beaucoup de spectateurs et les médias sont tous là. Il n’y a pas de place à l’erreur. Sylvain monte le 90 et il a besoin d’aide, car le vent est encore plus intense que tout à l’heure. Plusieurs officiers du collège viennent en renfort au ballon qui se voit balancer d’un côté et de l’autre. Nous tenons le coup et il ne reste que 15 longues minutes. Il vente très fort et Sylvain doit descendre le ballon, car il faut plus de monde autour de son ballon. J’ai déjà, par le passé, gonflé des ballons commerciaux pour différentes promotions, mais ce matin, c’est du sport. Je tiens le coup et nous voilà à quelques minutes de l’arrivée de la flamme olympique. Il vient des rafales et, par moments, les vents sont plus légers. J’entends la foule applaudir et je ne dois pas me laisser envahir par l’euphorie du moment, car je dois garder le contrôle de la montgolfière.
À 9 h 33, ça y est! Il est à l’heure et juste à côté de moi. L’athlète, le flambeau et toute la meute de journalistes encerclent la montgolfière et le vent se met de la partie. Je demande à mon équipe d’être aux aguets et de se concentrer sur le vol en attaché. Je prends la décision de monter à quelques pieds dans les airs avec deux autres pilotes à bord, le coureur et le flambeau. Les photos sont magnifiques, les représentants de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu sont fiers et les médias s’en donnent à cœur joie. Il se passera donc 60 minutes de vol en attaché qui, selon moi, sans une équipe extraordinaire de pilotes et de coéquipiers de poursuite, n’aurait pu avoir lieu. Il faut toujours garder les pieds sur terre, même si les aéronautes les ont souvent dans les airs.
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