Gaston Lepage : Une passion née de la montgolfière
Par Louis St-Hilaire
C’est bien connu, Gaston Lepage est un grand passionné d’aviation. Ce qui l’est moins, par contre, c’est que l’acteur a réellement commencé à s’intéresser au domaine après avoir vu de près une montgolfière, il y a de cela une trentaine d’années...
« Je tournais un film pour enfants dans lequel il y avait une scène avec une montgolfière, en 1978 si ma mémoire est bonne, raconte-t-il. Plus précisément, Pauline Martin, qui jouait également dans le film, s’envolait à bord d’un de ces majestueux engins. Dès que les responsables de la scène sont arrivés, à la fin d’une journée, et qu’ils ont commencé à gonfler la montgolfière, j’ai été littéralement subjugué. »
Peu de temps après, le réalisateur du film – qui avait remarqué la fascination de Gaston Lepage pour le ballon – l’appelle pour lui dire qu’il connaît bien l’un des rares pilotes québécois de l’époque, André Bilodeau, et qu’il peut les mettre en contact. Selon lui, il serait intéressant d’imaginer, à la suite de cette rencontre, un scénario de film gravitant autour de ces engins.
« L’idée m’a tout de suite emballé et j’ai donc fait la rencontre d’André, avec qui j’ai volé un peu partout au Québec au cours des années suivantes, été comme hiver, poursuit Gaston Lepage. Ensemble, nous avons participé à plusieurs festivals, vécu d’innombrables aventures, volé notamment à bord d’un éléphant rose et d’une vache, atterri à peu près n’importe où… et arraché quelques clôtures à l’occasion! »
Toutes ces aventures lui ont inspiré un scénario de film qui n’a finalement jamais été tourné, compte tenu du budget considérable qu’il aurait nécessité. En gros, il raconte l’histoire d’un véritable passionné d’aviation qui, après avoir bâti de ses propres mains une montgolfière dans son garage, s’envole et disparaît.
« Il s’ensuit une poursuite, à travers tout le Canada afin de réussir à le ramener sur terre. Bref, le scénario aurait donné naissance à un genre de road movie mettant en vedette une montgolfière, mais aussi d’autres véhicules fascinants. D’ailleurs, à bien y penser, l’histoire présente encore de l’intérêt aujourd’hui. Qui sait? Peut-être qu’un jour quelqu’un aura le goût de l’actualiser un peu et de mener à bien le projet? »
Un « premier amour » qui ne s’oublie pas
Dans les mois suivant cette rencontre, Gaston Lepage est déterminé à suivre son cours de pilote avec André Bilodeau. Mais comme leurs horaires coïncident rarement, le projet ne se concrétisera jamais.
En 1981, alors qu’il effectue un voyage de pêche en compagnie d’un propriétaire d’hydravion, l’acteur vit un autre coup de foudre qui le convaincra de plutôt suivre sa licence de pilote d’avion. Quelques années plus tard, c’est au tour de l’hélicoptère de séduire Gaston Lepage, qui complète également sa licence de pilote sur ce type d’appareil.
Aujourd’hui, il ne peut donc toujours pas piloter légalement un ballon. Bien qu’il ne regrette pas ses choix, vu l’immense plaisir que lui procurent l’avion et l’hélicoptère, il n’a jamais complètement oublié son premier amour dans le domaine de l’aviation…
« Au fil des ans, j’ai toujours conservé un lien assez étroit avec la montgolfière, affirme-t-il. J’ai notamment agi comme porte-parole du Festival de montgolfières de Gatineau durant huit ans, participé à diverses activités de promotion de cette belle activité un peu partout au Québec et ailleurs, et effectué régulièrement des vols en compagnie de pilotes. »
Chaque fois, il apprécie encore autant l’expérience, tellement différente de toutes celles que lui procurent l’avion et l’hélicoptère. « La montgolfière, c’est d’abord un trip de contemplation, rappelle-t-il. Tu ne vas nulle part avec ça! Tu te contentes de voguer doucement, lentement, dans un silence total, en profitant simplement de la vue et du moment. C’est vraiment particulier au ballon, ce genre d’ambiance. »
Et s’il ne prévoit pas passer sa licence de pilote de montgolfière, pour le moment du moins, compte tenu que « ses loisirs nuisent déjà à ses loisirs! », il continuera certainement à s’y intéresser. Entre autres, il prévoit occasionnellement suivre de loin, à bord de son hélicoptère, le vol de ballons partis de Saint-Jean, comme il lui arrive déjà de le faire.
« J’ai alors une vue privilégiée sur ce spectacle magnifique, de conclure Gaston Lepage. Pour moi, il n’existe pas de moyen plus agréable de concilier le meilleur de ces deux mondes qui me fascinent tant. »
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